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J'aurais voulu garder et approvisionner cet espace jusqu'à ce que la vie se conforme à nouveau à mes désirs. Je fais pareil pour l'appartement, impossible à quitter tant il représente le vestige d'une construction de vie à deux, la dernière prise sur une potentialité de nous. J'en suis lasse depuis des mois et puis, au printemps je le sais bien, le temps sera joli mais c'est tout et c'est triste. (Ahlala.)

Peut-être suis-je le genre de personne qui se précipite trop pour mener les choses à leur terme. Je n'ai plus très envie d'écrire ici, où le secret imparfait et public rend, une fois de plus, ma démarche trop contradictoire pour durer. J'essaierai de réinvestir les carnets et les lettres, la parole c'est déjà fait.
J'essaierai aussi de remplacer l'écriture hâtive, les billets d'insomnie et ceux écrits pour sauvegarder le papier (je suis de cette génération qui fait - à tort - instinctivement confiance à la mémoire informatique). J'aimerais les remplacer par les lectures que je suis fatiguée de repousser. En dévorant Retour à Reims* dans chaque trajet de métro (empruntant parfois un itinéraire plus long pour lire quelques pages de plus), j'ai pris conscience de ce que les livres me manquaient de façon insupportable, sans jamais parvenir à trouver de place dans mon quotidien.
Il faut dire que je n'ai jamais su trouver de rythme de lecture convenable. Enfant et adolescente, j'avais le temps de leur consacrer mes nuits ou des après-midi entières. Cette activité ne supportait que peu d'interruptions et m'absorbait totalement. Le réel avait sa place entre deux livres, mais quand j'en ouvrais un, il fallait réduire au maximum le temps qui me séparait de la dernière page.
Alors donc, il va falloir apprendre - si tard malheureusement - la lecture patiente, pour renouer avec elle. Pour ne plus me passer du plaisir invariable et sortir enfin du sentiment de honte et d'imposture.

Tant pis pour les baisers, les balades main dans la main et les heures volées au soleil à deux. Au printemps il n'y aura pas un jour sans livre, on (de royauté) verra plus tard pour le reste, on laisse faire. Au hasard Balthazar, etc.

 
*Je me sens un peu idiote d'avoir été bouleversée par le récit d'Eribon (bien davantage que par Annie Ernaux). Un livre n'avait pas occupé autant mes pensées depuis...




I\'m Your Man by Leonard Cohen on Grooveshark','hspace':null,'vspace':null,'align':null,'bgcolor':null}">


Merci d'être passés ici et merci pour vos petits mots/conseils tout doux qui m'ont donné le sourire souvent!

 

rome